• Voici un extrait des Archives de Némo Vogt, qui sera publié par Langage Universel. Donnez-moi votre avis!

    Articles            Norris accueillit le légiste et l’équipe de la Police Scientifique avec un réel soulagement. Il en avait vu des morts, dans sa carrière de lieutenant, mais celui-ci avait quelque chose d’indéfinissable qui le pétrifiait. La demi-heure qu’il passa seul avec le cadavre avait fait remonter ses terreurs d’enfant à la surface : peur du monstre caché sous le lit, peur dans le noir – la chambre n’était éclairée que par une lucarne au-dessus de la table où gisait le mort – sentiment de ne pas être seul…

    Le docteur Lhote enfila ses gants et approcha du cadavre.

    - Salut Norris ! Et bien, l’est pas frais le gars ! lança-t-il en ajustant ses lunettes.

    - Les pupilles sont dilatées. Lividités mobiles…  les muscles des membres supérieurs sont raides… les jambes sont encore souples. Norris ?

    - Oui ?

    - On peut le mettre sur le lit maintenant ?

    - Allez-y, tout est fait.

    Le légiste tournait autour du cadavre sans le toucher, ou très précautionneusement. Il se baissa plusieurs fois pour voir de plus près les yeux, la peau, les mains. Il fit un prélèvement buccal, observa encore les ongles crispés sur la table. D’un geste, il demanda aux hommes en combinaison blanche de déplacer le corps.

    - Je me demande… On a… température ambiante : 16°c. Et il est ? 11h37. Température interne du corps… 24°c.

    Finalement, Lhote autorisa ses hommes à empaqueter le cadavre pour le transporter à la morgue.

    - Quand est-ce qu’il est mort ? demanda Norris.

    - Difficile à dire. Fait pas chaud ici, et l’air est plutôt humide, donc le corps a pu refroidir plus rapidement. Je peux dire qu’il est mort il y a plus de trois heures et moins de 8 heures, d’après la rigidité cadavérique.

    - Ce qui nous amène à cette nuit, après trois heures environ.

    - L’autopsie en dira plus.

    Benton, enfoncé dans son fauteuil, regardait d’un œil distrait sa série TV préférée.

    Son esprit était ailleurs. Il ferait des recherches pour retrouver cette affaire des « yeux », outrepasserait ses droits encore une fois et demanderait de l’aide à ses collègues de Paris. Cette histoire étrange lui laissait un arrière-goût amer. Son regard se posa sur le cahier posé près de lui. Il en sortit les pages volantes et les tria un peu. Il s’arrêta sur autre récit, intitulé : « De l’autre côté »

     

                Le cadavre de la chambre de bonne reposait à présent au frais, dans un tiroir de la morgue de l’hôpital Sainte Lucie.

    A cette heure avancée de la nuit, plus personne ne travaillait là, et le seul éclairage venait des faibles veilleuses électriques.

     

    Quand l’ombre apparut, suintant des murs, glissant sur le plafond et le sol, elle absorba toute lumière sur son passage.

    Seuls les occupants des tiroirs furent les témoins muets du phénomène, et ils ne parleraient jamais.

     

    Mais, qui peut dire jamais ?

     

     

     

     

    « Vent-en-poupe!La 4ème nouvelle des archives de Némo Vogt, en intégral, juste pour vous! »

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