• Vampires

    Il est minuit 20’.
    Depuis quelques temps, on me parle de vampires, de vampirisme, on me demande si le Manta de mon histoire est un vampire « comme les autres »…
    Comme par hasard, ce soir, mon compagnon me propose un de ces superbes programmes de la BBC : un documentaire sur le vampirisme !
    Qu’à cela ne tienne, tout cela est un enchainement logique et normal, indépendant de notre volonté, alors, soit.

    Je m’installe confortablement (ça veut dire café, chocolat, moufles aux pieds…) et go !

    Très bien mené, le documentaire fait malheureusement presque l’impasse sur l’histoire du vampirisme et passe à une vision plus contemporaine, romantique et romancière. Une revue "filmographique" superbe, avec Bella Lugosi, Christopher Lee, Peter Cushing ainsi que d’autres bien plus récents comme « Entretien avec un vampire », met l’accent sur la relation « moderne » symbolisée par le vampirisme entre le sexe et la mort, le sexe et le sang, l’attirance et le dégoût.

    J’ai apprécié ce programme, mais j’attendais quelque étude plus poussée, plus fourmillante de mystères et plus savoureuse.

    Il m’a manqué d’entendre parler des références si nombreuses dans de si anciennes civilisations à des formes de vampirisme. Il m’a manqué une recherche autre que romantique, une étude scientifique, ou au moins statistique, historique, et cela pas seulement en vieille Europe.
    Il manquait aussi, si l’on veut étudier le phénomène comme étant « récent », une étude psychologique, je dirais presque psychanalytique ou psychiatrique, si cela peut s’appliquer à un groupe d’individus ou même tout un peuple.
    Je m’égare ! C’est une recherche sociologique qu’il faut, et qui dit sociologie, dit économie…

    Quel peut être ce phénomène si puissant qu’il nous taraude depuis la nuit des temps, phénomène dont nous ne savons plus l’origine, que nous modernisons encore et encore afin de le faire vivre toujours ?

    Encore une fois, je me demande où est la frontière entre le fantasme et la réalité ?

    Si improbable qu’il soit, si la fonction crée l’organe, par les effets qu’il a eu et qu’il est encore capable d’avoir, par la symbolique lourde qu’il transporte, ce phénomène existe.
    Par la même logique, vous me direz que dans ce cas, Dieu existe aussi. Voilà un autre débat.

    Ce que je ressens, en tant qu’individu sans connaissances précises du sujet, c’est que le vampire est en nous. Il est nous.
    Il est tout ce que nous haïssons et tout ce que nous voudrions être, ces deux notions étant juste exacerbées à l’extrême.

    Ce que nous haïssons de nous-mêmes :
    - Notre violence ;
    - Notre capacité de tuer froidement, sans remord ;
    - Notre désir d’avoir pouvoir de vie et de mort sur nos congénères.

    Ce que nous voudrions être :
    - Éternellement jeunes ;
    - Séduisants :
    - Sexy en diable ;
    - Auréolés de mystère…

    Voilà. Mais là, vous voyez, à l’heure qu’il est, je me rends compte aussi que malgré tout, même à mon âge, je reste effrayée par ce monstrueux et séduisant prédateur.

    Je vais peut-être laisser la lumière allumée, cette nuit…
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  • Commentaires

    4
    Vendredi 7 Mai 2010 à 22:24
    Oui, le mythe nous fascine tous... Je trouve que tu as bien résumé pourquoi. Et j'aime aussi cette idée que nous donnons vie aux choses auxquelles nous croyons...

    Merci Nadia. 
    3
    nemovogt Profil de nemovogt
    Dimanche 25 Avril 2010 à 20:44
    Merci Pascale! Je savais bien que tu saurais comment faire fuir les vilains!
    2
    Dimanche 25 Avril 2010 à 20:18
    relayé sur twitter ;)
    1
    Dimanche 25 Avril 2010 à 20:15
    J'ai toujours une guirlande allumée la nuit; ça attire la vie!
    Joli blog nadia; qu'il vive lui aussi...
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